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Le XIXé siècle peut être tenu pour le véritable âge d'or de la canne. Sous l'Empire, elle n'est encore souvent qu'un simple jonc, mais à partir de la Restauration, on lui accorde une place hautement privilégiée. Qu'elle soit utilitaire ou décorative, professionnelle ou dotée d'un "système", la canne de marche se démultiplie sous toutes les formes et dans toutes les fonctions.

Pour le dandy romantique comme le bourgeois qui se montre au Boulevard, pour le maquignon qui s'en sert pour mesurer les encolures des bêtes ou pour le notaire qui abrite dans son pommeau son nécessaire à écrire, la canne devient l'attribut indispensable de l'individu dès qu'il sort de chez lui. Une industrie est née et l'imagination des artisans trouve un beau champ d'application.

On emploie pour les cannes élégantes les bois les plus rares : grenadier, bois des îles, oranger, églantier, mais aussi merisier, bambou ou genêt. Le pommeau classique, simplement arrondi, sphérique même s'il est plus ou moins volumineux, cède la place au "bec de corbin" (recourbé) ou au "tau" (en forme de T, à angle plus ou moins droit).

Mention particulière pour les cannes de marche de promenade réservées aux femmes élégantes : elles peuvent atteindre plus de 1,20 mètre, s'ornent d'or, d'argent ou même de diamants, se baguent de métal précieux et s'enrichissent encore de pierres fines enchâssées ou serties. Sous la belle Époque, l'"art nouveau" offre son séduisant répertoire de formes décoratives, dans lequel la canne ornement puise ces femmes-fleurs sinueuses que l'on retrouve sur les pommeaux ciselés. Mais dès les années 1920, déjà, l'emploi de la canne de marche autre que strictement utilitaire décline.