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C'est à l'écrivain et caricaturiste Henru Monnier (1799-1877) que l'on doit la création du personnage de Joseph Prudhomme, modèle parfait du bourgeois louis-philippard prétentieux et ridicule, qui parle comme un Dictionnaire des idées reçues, serre son ventre dans un gilet sans grâce et lève un sourcil sentencieux sur les choses et les êtres. Accessoire indispensable et typiquement prudhommesque : le parapluie. C'est d'ailleurs Louis-Philippe lui-même, ayant adopté un modèle de parapluie dénué de toute élégance, qui donné le coup d'envoi à ces regrettables préjugés qui firent bientôt du parapluie le symbole petit-bourgeois des vertus domestiques de l'ordre et de l'économie, voire de l'étroitesse d'esprit et de la médiocrité.

La détérioration de l'image de marque du parapluie prit, "grâce" à Daumier par exemple, des proportions galopantes. Tandis que le dandy continuait de manier la canne avec son élégance native, le parapluie ne pouvait se tolérer qu'entre les mains de quiconque avait renoncé depuis longtemps au charme et au bon gout. Et Balzac alla jusqu'à dire que la parapluie n'était finalement qu'une monstruosité, née du croisement entre une canne de promenade et un cabriolet... Mais c'est aussi dans le domaine strictement utilitaire et fonctionnel que le grand parapluie d’hôtel rouge ou bleu de vaste diamètre a retrouvé ses lettres de noblesse aux mains de grooms bien stylés.