collectionneur de canne africain

Motif idéal pour arborer son fanatisme ou sa passion envers tel ou tel personnage, le pommeau de la canne a servi, au siècle dernier et au début du XXe siècle, à une floraison de sujets anthropomorphes d'une rare diversité.

Citons, par exemple, la canne Beethoven, le buste de Rudolf Valentino, chapeauté et cravaté, le sourcil levé et la mine souriante, vissé au sommet d'une canne de promenade. Voici le buste de Christophe Colomb, pour commémorer la découverte du Nouveau Monde en 1892. Ou bien ce pommeau d'ivoire représentant Chanteclerc, d'après la pièce de Rostand qui connut un énorme succès. Napoléon 1er fut naturellement mis à contribution, de même que la reine Victoria, Marianne, Voltaire ou Clemenceau.

Les campagnes présidentielles aux Etats-Unis furent aussi l'occasion de voir se succéder des cannes aux effigies des candidats T.Roosevelt ou McKinley, Cleveland ou Garfield. Mais le sujet figuré peut également être anonyme ; il s'agit par exemple de l'Incroyable, dont le magnifique bicorne se loge dans le creux de la paume.

Les têtes d'hommes, chevelus ou barbus, joviaux et rubiconds ou au contraire le sourcil foncé au-dessus d'un nez crochu : autant de motifs généralement sculptés sur bois dans la masse, avec un net penchant pour la caricature ou le grotesque, surtout s'il est possible d'exploiter la forme naturelle d'une racine de buis ou d'olivier. La tête de négrillon en ébène est par ailleurs un thème aussi fréquent que la tête de mort en ivoire... cette dernière, au même titre que la tête de clown ou la tête de Chinois, est une forme bien commode pour le pommeau.