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On appelle "canne à sujet" une canne de marche décorative, quelle que soit son époque ou son matériau, dont le pommeau ou le manche est orné d'un sujet, généralement zoomorphe ou anthropomorphe, c'est-à-dire figurant un animal ou un être humain. Comme on peut s'y attendre, l'imagination de l'artiste-fabricant de canne puise à des ressources insoupçonnées, qui peuvent être liées à différents facteurs, tels que l'engouement momentané pour un animal, une allusion politique, la forme même d'un morceau de bois ou de racine, le mode d'un personnage célèbre, le goût du macabre ou du fétichisme, etc.

C'est ainsi que le chien a été largement axploité ; en premier lieu le bouledogue, dont le mufle carré et les oreilles dressées figurent un pommeau très expressif avec de gros yeux dressées protubérants, assez courant en ivoire au cours du XIXe siècle. Une variante amusante existe avec le pékinois, tenant entre ses crocs un gros os : l'ensemble constitue un très beau bec de corbin ! Autre variante plus élégante : la tête de lévrier bien allongée, finement ciselée dans de l'ivoire. Le lapin aux oreilles rabattues, en bois ou en ivoire, l'oiseau de proie au long col recourbé, en argent ciselé, la tête de canard soigneusement polie en bois dure, sans compter les chimères et les dragons, les oiseaux fabuleux, les sphinx et les serpents : autant de motifs décoratifs aux nombreuses illustrations.