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A partir de la Régence, la canne de marche perd de son caractère pompeux et ostentatoire. Sous Louis XV, elle garde un rôle purement décoratif et devient d'une élégance plus discrète, ce qui n'interdit nullement, au contraire, les raffinements de l'ornementation. Sous Louis XVI, elle devient même encore plus simple, voire très sobre et presque fonctionnelle. Vers la fin du XVIIIe siècle, l'harmonie entre les arts décoratifs et la tendance au néo-classicisme impose un dépouillement favorisé par le goût de l'Antique et le retour à la nature. Les femmes élégantes n'hésitent pas à imiter la reine Marie-Antoinette, affectionnant les bergeries entourées de gazons et de bordures fleuries, ou elle aime à venir caresser les gentils moutons en arborant une haute canne de marche à petit bec, très modeste d'allure, simplement ornée d'un ruban noué.

Après la Révolution, le Directoire se démarque par d'étranges modes vestimentaires. Accessoire raffiné depuis des siècles, la canne devient, aux mains des "Incroyables", une sorte de gourdin rustique et grossier d'allure, bâton épais tourné sans grâce et sans charme, volontiers noueux et raboteux qui se termine en spirale bizarre. Premier avatar du dandy, l'Incroyable arbore son gros bâton comme s'il s'agissait d'une canne des plus précieuses, mais il n'hésite pas à s'en servir pour bastonner le bourgeois qui se met en travers de sa route d'élégant noceur.