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Le jeteur de sorts et le trouveur de source, outre le fait qu'ils appartiennent tous les deux à cette humanité marginale que la société, de tout temps, considère avec effroi, méfiance ou fascination, possèdent un autre point commun : la manipulation d'un bâton, d'une baguette ou d'une canne, dont les pouvoirs "magiques" sont indéniables. Le bâton du sorcier porte gravé des signes mystérieux ; il peut, dit-on, opérer des prodiges, comme d'empoisonner une mare, rendre malade le bétail ou attirer la foudre sur une grange. Dans la collection de Madeleine Gely, en voici un bel exemple : pommeau en tête de diable cornu, avec un crapaud et un serpent sculptés dans le bois du fût. La baguette du sourcier possède, elle aussi, un fabuleux magnétisme, que le coudrier à lui tout seul ne saurait expliquer

Un bâton de sorcier porte toujours une formule magique gravée sur son bois, que seul comprend son propriétaire et qui le protège de maléfices. Les musées d'art populaire et de folklore - tout particulièrement dans le centre de la France ou en Angleterre, dans le Yorshire - présentent à ce propos un grand intérêt. Au Mexique et en Inde, les bâtons "mystiques" ornés de symboles et d'animaux sculptés dans la masse sont aussi fréquents, ainsi que, sur le continent africain, "les bâtons de fertilité". Ces derniers ont connu d'autres exemples, en Europe ou en Chine, réalisés avec le pénis d'un taureau, d'un rhinocéros ou d'un éléphant, dont les propriétés magiques hautement viriles étaient fort prisées.