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L'érotisme, ou parfois la simple grivoiserie, a largement inspiré, on s'en doute, les fabricants de cannes de marche pour messieurs. Soit le pommeau ou le manche figure directement une scène, un détail, une forme ou le corps féminin trouve à s'illustrer.

Voici par exemple une poignée d'ivoire servant de support à une odalisque dont le corps voluptueusement arqué, allongé sur le dos, les hanches à peines drapées d'un voile, croise les bras sous sa tête en levant haut les seins (1880). Mais très souvent, il s'agit d'un mécanisme secret qui dévoile, quand on connaît la manipulation, une scène ou un motif érotique que l'amateur se plaît à posséder au creux de la main. Citons en particulier à cet égard les cannes-médaillons dotées d'un petit couvercle qui s'ouvre en dévoilant un dessin, ou mieux encore une photographie. Un brevet déposé en France de "canne merveilleuse" connut un grand succès dans les années 1880. Un groupe d'une vingtaine ou d'une trentaine de vues microscopiques se logeait dans le fût de la canne de marche et un dispositif spécial les faisait se succéder chaque fois que l'on actionnait un petit bouton : il existait bien sûr des "merveilleuses" sur le thème des vues de Paris ou des châteaux de la Loire. Mais les plus prisées présentaient des photos de femmes nues.

A côté de cette formule originale de mini sex-shop avant la lettre, on peut mentionner également les cannes de marche plus ou moins fétichistes, ou la bottine de femme constitue un motif privilégié pour former la poignée. Voici par exemple, vers 1920, une belle canne de marche en citronnier avec une poignée en forme de pied de femme chaussé d'une chaussure "Alexandra", haute de 93 cm.