canne de charlot

Charles Spencer Chaplin, dit Charlie, commença sa carrière comme petit comédien spécialisé dans la pantomine. Il attira sans aucun mal l'attention de Mack Sennet, grâce à qui il put signer un contrat à Hollywood. En quelques saisons, son personnage était crée : chapeau melon, petite moustache noire, veston étriqué et pantalon en accordéon, grandes chaussures pointure 45 qui lui donnent une démarche en canard, et surtout : l'inséparable canne de bambou flexible, dont il se sert en toute circonstance avec une malicieuse ingéniosité. La canne de marche fait totalement partie du personnage de Charlot, sorte d'entité burlesque toujours bernée, mais jamais découragée, qui apparaît comme un symbole de l'homme libre, de l'individu vainqueur des stupidités de la vie et du conformisme petit-bourgeois.

Car la canne, le melon et le costume noir, c'est l'uniforme par excellence du bourgeois bien rangé. Et les prendre comme éléments visuels d'une silhouette comique, presque animés d'une vie propre - le melon qui va de guinguois et penche sur l’œil, la canne qui mouline et virevolte à plaisir - c'est leur attribuer une valeur d'emblèmes. Quand on pense à Charlot, est-ce le melon, la moustache ou la canne qui surgit en premier à l'esprit ?