histoire de la canne

Jusqu'au XVIIe siècle, la canne de marche a pris des formes très diverses selon l'usage auquel elle était destinée. Elle se porte alors relativement courte dans l'usage quotidien, mais beaucoup pus longue pour le cérémonial. sans décor particulier dans le premier cas, elle s'orne de rubans, d'ornements et d’incrustations diverses, pour les manifestations de gala ou de pompe.

Accessoire obligatoire de l'étiquette et de la dignité, la canne devient, sous Louis XIII, un symbole manifeste de puissance et d'autorité. Le roi lui-même est assez sobre dans ses goûts : sa canne est un bâton droit en ébène, avec un pommeau d'ivoire. Mais Richelieu a des préférences nettement plus fastueuses : le cardinal affectionne les essences de bois rares rehaussées de pierres précieuses. Fastueuse comme un crosse, la canne de Richelieu donne bientôt le ton à la Cour, et tous les nobles arborent désormais de longues cannes en bois précieux finement sculptées et ornées de joyaux. Les femmes elles-mêmes adoptent l'usage de la canne de cérémonie, mais l'étiquette recommande des modèles plus courts que pour les hommes, avec un pommeau d'émail multicolore le plus souvent paré d'un flots de rubans ou de dentelles.

Accessoire propre à la parade la pus ostentatoire, la canne se devait de séduire le Roi Soleil, posant sa noble main sur le pommeau d'une haute canne d'apparat permettant les attitudes les plus majestueuses. très pompeuse, symbole hiérarchique par excellence, la canne voit son usage et son aspect soumis à une étiquette rigoureuse. Le prince de Condé, Créquy, Villars ou Luxembourd, les grands courtisans mais aussi la Grande Mademoiselle et les frondeuses "brandillent" la canne en toute circonstance...