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La plus fameuse des cannes de défense (sinon d'attaque) fut la canne-épée. Inventée vers la fin du XVIIIe siècle, elle fut en principe interdite à partir de 1834. Néanmoins sa fabrication ne cessa pas pour autant. Combien de malfaiteurs redoutables, sous les apparences du dandy le plus élégant, ont ainsi signé les forfaits les plus effroyables, dont on lit souvent les exploits fascinants dans les romans-feuilletons du siècle dernier.

Sous un fût en jonc ou en bambou, voire en macassar ou en bois précieux, se dissimule une fine lame, soit plate, soit en croix, qui obéit à un système à friction ou à rotation pour se dégainer facilement et rapidement.

Le pommeau peut être diversement façonné et orné, en ivoire, en corne ou en bois sculpté, éventuellement d'une tête d'animal ou de grotesque. La garde peut être à ressort. On peut citer comme exemplaire assez rare, une grande canne-épée du XVIIe siècle, qui servait vraisemblablement de gourdin de pèlerin ! La grande lame plate, signée Peter Bras, de Solingen, armurier de renom, rentre dans un fût en bois richement orné de symboles et le pommeau est en corne. Imaginera-t-on, en prenant en mains cette canne-épée, les mystères inquiétants qu'elle dissimule dans son redoutable système ? Combien de victimes ont-elles péri sous ses coups ?