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Dans son catalogue de 1910, la manufacture de Saint-Étienne propose une très intéressante canne professionnelle, appelée la "canne qui boit". Ce n'est pas un canular ni un article de farces et attrapes, mais un accessoire fort commode pour les "voyageurs en liquides", c'est à dire les marchands et représentants en alcools ou en vins que leur profession amène à lever le coude plus souvent qu'à l'ordinaire. "Façon macassar avec poignée de corne et collier de métal. Il suffit de placer le bout de la poignée dans le liquide que l'on veut escamoter et d'appuyer sur le levier.

Par un dispositif ingénieux, cette canne forme siphon et le verre se vide en tout ou en partie. Pour écouler le contenu de la canne de marche, il suffit de placer l'embout entre deux pavés ou dans la fente d'un parquet et de la dévisser légèrement". Ce texte circonstancié qui accompagne, dans le catalogue de Saint-Étienne, le dessin de la canne qui-boit, est parfaitement explicite. Très appréciée par les professionnels de l'alcool qui, au cours de la journée, devaient faire de longues haltes au comptoir, avec le cafetier ou le barman, cette canne était conçue comme un "modèle extrêmement pratique", susceptible de "rendre de grands services à toutes les personnes qui par leur profession doivent boire beaucoup"? Jusque dans les années 1915, la canne-qui-boit a trouvé un débouché notable. Au fur et à mesure que la canne classique disparaissait des usages, elle a également cessé d'être fabriquée.