La symbolique de la canne

La canne de marche en bois, c'est-à-dire originellement le simple bâton, est aussi vieille que le monde. Elle répond en effet, de toute éternité, à trois fonctions essentielles : l'appui, la parade et la défense. Ce fut d'abord le gourdin de l'homme des cavernes. Les bas-reliefs assyriens ou égyptiens la montrent en bonne place aux mains des rois ou des bergers. La bible nous révèle que Jacob s'appuyait pour marcher sur un "kanch" (un bâton de marche) en bois de châtaignier. Et Moïse, en frappant un rocher avec le manche de son grand bâton de marche, fit jaillir l'eau dans le désert. Les Assyriens utilisaient de longues cannes à manche recourbé. Quant aux notables de la cité grecque, ils possédaient des bâtons droits dont le pommeau, en bois sculpté ou revêtu de métal ciselé, représentait la figure d'une divinité protectrice. Diogène, dit-on, possédait une canne en roseau très simple et non ornée, dont il ne se séparait jamais.

La tradition rapporte aussi que Charlemagne possédait une canne constituée d'un fût en bois de pommier, que terminait une boule de métal précieux. Le sceptre, bâton de commandement et symbole de l'autorité suprême, est toujours surmonté d'un globe, d'un aigle ou d'une main, qui concrétise l'empire ou la royauté étendue sur un domaine ou des sujets. Le bâton de coudrier du sourcier, l'aiguillon du bouvier, le faisceau du licteur, autant de variantes aux emplois divers, avec des sens symboliques très précis. D'ailleurs, entre le bâton et la canne, les distinctions sociales imposent leurs distances. On "bastonne" le valet à coups de bâton, mais, à rang égal, entre gentilshommes, on se frappe de la canne.