canne makila

Les cannes makilas basques remontent à une ancienne tradition, mais c'est au XIXe siècle qu'elles sont devenues l'apanage du "vrai Basque", son bâton de marche, se compose en effet d'un fût assez mince terminé par une extrémité pointue et ferrée ou plombée ; la poignée ou le pommeau recouvre un aiguillon et possède une dragonne qui permet de bien la tenir à son poignet. Le makhila est fait traditionnellement en néflier, une essence que l'on rencontre fréquemment dans les Pyrénées ; le hêtre de montagne, ainsi que le jonc torsadé ou le nerf de bœuf sont également classiques.

Le haut du fût reçoit l'aiguille, ou l'aiguillon, plus ou moins longue et effilée, que recouvre la poignée creuse, généralement recouverte de cuir tressé, comme la dragonne. Le pommeau du makhila est couramment en corne ; on en trouve aussi en maillechort, parfois en argent ou en ivoire, pour certains modèles précieux que l'on offre en cadeau. La caractéristique du makila, que l'on appelle aussi "javelo" ou "bâton basque", est de posséder une extrémité inférieure renflée et prolongée par une sorte de douille plombée qui le transforme en une arme redoutable. La douille elle-même, en cuivre ou en métal blanc, est souvent gravée d'un proverbe, d'un nom ou d'initiales. Un vrai makila se termine enfin par une petite pique en forme de croix.

Aujourd’hui réduit à l'état d'objet touristique, le makhila basque a connu ses lettres de noblesse dans les années 1820 à 1918. Comme il s'agit en réalité d'une sorte de matraque doublée d'un poinçon meurtrier, il fut un temps ou l'on avait interdit son emploi à Bayonne les jours de marché, car trop de rixes avaient dégénéré tragiquement. Nombre de poèmes et de chansons basques lui font jouer un rôle de choix dans la tradition populaire, et il existe même des danses ou le makhila intervient au premier plan.

Il était d'usage en outre d'offrir un makhila d'honneur à certains hôtes de marque. Il était alors revêtu d'une garniture d'argent finement travaillé et le bois de néflier dans lequel il était taillé portait des entailles caractéristiques : encoches pratiquées dans le bois sur pied, deux ans avant sa coupe, par ou s"écoulait la sève, ce qui produisait des renflements particuliers au niveau de la repousse de l'écorce. Il faut noter enfin que le makhila fut une arme "mascotte" très prisée par les poilus pendant la Première Guerre mondiale. La Manufacture de Saint-Etienne proposait dans son catalogue plusieurs modèles de cannes makilas basques. Voici le texte de présentation de l'une d'entre elles : "Canne makila en néflier, grande poignée maillechort avec gravures, lacet pour le poignet, extrémité plombée recouverte par une garniture cuivre, embout spécial forme triangulaire, aiguillon de 6 cm. Pour obtenir l'aiguillon, deviser la poignée. Modèle très pratique."