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Long morceau de bois rond que l'on tient à la main, le bâton de marche est essentiellement fonctionnel dans la société traditionnelle rurale : il sert au vieillard pour se soutenir, il sert au berger à accompagner sa marche ou au montagnard à assurer son pas, sans oublier son rôle éventuel de défense. Le bâton pour marcher est alors l’œuvre de son utilisateur. Il naît du matériau lui-même - hêtre, frêne, chêne, houx, épine noire - et ce sont les propriétés du bois qui lui confèrent sa valeur plastique. Un nœud, un renflement, une excroissance, etc., sert à donner au pommeau ou à la poignée une singularité unique, que le propriétaire de la canne agrémente en la sculptant d'une manière plus fouillée.

De là ces bâtons paysans à la patine magnifique, blond doré, pourpre ou brun presque noir, qui offrent une étrange galerie de figures souvent monstrueuses ou fantastiques, terminant le pommeau dans une floraison de formes mi-humaines, mi-animales. Elles possédaient sans doute aux yeux de leurs propriétaires une valeur de fétiche ou de mascotte. bien souvent, la forme elle-même du bâton choisi, veiné, torsadé, recourbé, etc., suffit à évoquer une tête d'oiseau, de serpent ou de cygne. Mais l'intervention de quelques coups de couteau dans le bois permet dans bien des cas de donner naissance à une figure grotesque ou amusante.